Sylvain PELLERIN, INRA

Effluents d’élevage et bouclage des cycles biogéochimiques : pourrait-on mieux valoriser la ressource?

Les effluents d’élevage, bruts ou transformés, sont une source de carbone organique permettant d’entretenir voire d’augmenter le stock de C des sols. Ils contribuent par ailleurs à la fertilisation minérale, représentant 39%, 70% et 82% des apports de N, P et K au sol en France (Houot et al., 2014). L’analyse des bilans montre cependant qu’ils sont sous-valorisés, conduisant à des fumures minérales de complément souvent supérieures à ce qui serait nécessaire. L’objectif de cette communication sera d’en analyser les causes, et d’identifier des pistes pour une utilisation optimale de cette ressource, dans une perspective de réduction de la dépendance de l’agriculture aux engrais minéraux de synthèse et d’atténuation du changement climatique par séquestration de carbone dans les sols.

 

Sylvain Pellerin est Directeur de recherches à l’INRA, Centre de Bordeaux-Nouvelle Aquitaine. Ses recherches portent sur les liens entre l’activité agricole et les cycles du carbone, de l’azote et du phosphore. Il a dirigé l’unité mixte de recherche « Transfert sol plante et cycle des éléments minéraux dans les écosystèmes cultivé » de 2003 à 2010. 
De 2011 à 2018 il a été membre de l’équipe d’animation du département Environnement et Agronomie de l’INRA. Il coordonne actuellement une expertise nationale sur le potentiel de stockage de carbone dans les sols français.

 

Jean-Philippe STEYER, INRA

Utilisation des effluents organiques dans une démarche de bioraffinerie environnementale : procédés, produits et perspectives.

La gestion inappropriée des déchets peut être à l’origine de coûts d’opération élevés pour traiter la pollution et de pertes importantes de ressources, tant en termes d’énergie que de matière. La meilleure solution est évidemment la réduction à la source, mais quand cela n’est pas possible, le remplacement des procédés de traitement conventionnels ayant une valorisation des déchets limitée ou inexistante par des procédés de valorisation maximale via la bioraffinerie environnementale  permet de créer de la valeur tout en diminuant les flux polluants. La bioraffinerie environnementale propose en effet un modèle de valorisation intégrative et multi-produits des effluents, déchets et coproduits issus de l’activité humaine. Elle contribue au bouclage des cycles en agronomie, en permettant le retour au sol des nutriments qui ont tendance à se concentrer dans les zones urbaines en raison du modèle actuel de ville « linéaire ». Cette conférence présentera certains résultats de recherche et de réalisations industrielles sur le sujet avec en particulier une mise en perspectives des procédés et produits impliqués.

Jean-Philippe Steyer est directeur de recherche au Laboratoire de Biotechnologie (LBE) de l’INRA à Narbonne. Il travaille autour du concept de bioraffinerie environnementale avec en particulier des recherches sur la modélisation et l’optimisation des procédés biologiques mis en œuvre (traitement des eaux et des déchets, digestion anaérobie et microalgues). Au cours de sa carrière, Jean-Philippe Steyer a publié plus de 250 articles dans des journaux internationaux à comité de lecture et a participé à la création de 2 start-ups.

 

Thomas EGLIN, Fabienne MULLER, ADEME

Stratégie pour une bioéconomie durable de l’ADEME : Enjeu des PRO dans le développement territorial

La  production de biomasse et leurs filières de valorisation sont des  domaines majeurs de la transition écologique et énergétique. Les enjeux  sont multiples : sécurité alimentaire, développement de produits biosourcés, mobilisation  de la biomasse pour l’énergie, préservation et gestion durable des  ressources dont les sols et l’eau, préservation de la biodiversité,  lutte contre changement climatique, réduction de la pollution de l’air … Les scénarios prospectifs réalisés aux niveaux  national et international mettent en évidence le rôle majeur et  incontournable, de l’ensemble des acteurs du « monde du vivant » pour  relever les défis environnementaux de nos sociétés.

 L’ADEME  s’est récemment dotée d’une stratégie « Bioéconomie durable » pour la  période 2017-2022. Celle-ci met l’accent sur 3 axes prioritaires : (i) la gestion durable des sols, des systèmes agricoles et forestiers,  (ii)  le développement des systèmes alimentaires durables et (iii) le  soutien aux filières biosourcées.  Ainsi, l’agence soutient la  bioéconomie dans un panel d’actions allant de la recherche à la diffusion des solutions. Sur ces dernières années, l’agence a ainsi  soutenu plus de 150 projets de recherche portant sur les thèmes de la  bioéconomie. Les projets relatifs à la gestion et à la valorisation des matières organiques y prennent une place importante.

 Par  ailleurs, la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la  croissance verte (LTECV), fixe (entre autres) un taux de valorisation matière des déchets non dangereux à 65% d’ici 2025. Les  flux de PRO en augmentation, les modes de gestion (depuis la gestion  de proximité, à des gestion centralisées), les filières de valorisation,  compostage ou méthanisation, les acteurs impliqués sont multiples et interdépendants. Dans un souci d’efficience,  les territoires doivent maintenant faciliter les échanges et animations autour de  ces MAFOR afin de pérenniser les filières de traitement et valorisation.  Le développement des approches à l’échelle des territoires et des filières constitue aujourd’hui une priorité. Ces approches devront contribuer à la mise en  œuvre des principes de l’économie circulaire en tenant compte de la  complémentarité des acteurs sur un territoire (meilleure valorisation de  la biomasse) et de la cohérence des stratégies au sein d’une filière.

 

Thomas Eglin  est ingénieur agronome et docteur en écologie forestière. Au sein du  Service Forêt Alimentation et Bioéconomie de l’ADEME , il anime depuis  2017 la recherche sur les secteurs agricoles et forestiers, ainsi que la  thématique « Gestion Durable des Sols ».

Fabienne Muller est ingénieure au service Mobilisation et Valorisation des Déchets en charge de la thématique retour au sol de matières organique et gestion territoriale de la matière organique.